from An Open Letter

I was really mad at E today, and to me it felt like she just kept fucking up. I realized at some point that I was just very hurt, and that I was kinda taking it out on her. But after she left me on read for 40 minutes and I was livid, she sent me a text saying that she needed me to listen and understand, and I took those 20 minutes while she was getting ready to call to put myself in her shoes. Before she sent that text, I was wondering how I could possibly put aside my anger, but after seeing that she had something she needed to get off her chest, something snapped (in a good way). I realized that she hadn’t asked for that before, and it suddenly dawned on me that it had been an incredibly stressful and painful month for her, and she hadn’t talked about any of her feelings. She had been bottling things up the whole time, and it finally was too much, and she was terrified because she had felt like it was selfish and not ok for her to take up space, given that she fucked up and was trying to make up for it. That broke my heart, since even though I want my own pain to be addressed, it shouldn't have come at her cost. We talked for a while, and there are a lot of things that I realized I had said while hurting, and I forced her to shoulder that pain without her bringing it up. She didn't feel like she could talk to me about that stuff, and I really regret that because I want her to know that she absolutely can. All of my anger almost immediately dissipated because I realized the version of me that was being mad at her was just the version of childhood me that was hurting from the neglect and the pattern from my parents. I did my best to fully give her a conversation where she felt like she could finally let go of a lot of that grief that she'd been holding on to silently. And overall, it was incredibly good. I think it's weird because somehow seeing that she had been hurting this whole time got rid of so much of my anger. I think it really made me realize how. I was really just beating up on someone who loves me so much, and while I understand that I'm hurting, I never want to hurt her. I want to be her peace, not the source of her pain.

 
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from DrFox

Le mot kenosis vient d’un verbe grec simple, kenoō, vider. Il apparaît dans une phrase presque anodine de la lettre de Paul aux Philippiens, et pourtant vertigineuse dans ses conséquences. Le Christ, dit Paul, ne s’est pas accroché à son égalité avec Dieu. Il s’est vidé. Il a pris condition humaine. Il est allé jusqu’au bout de cette condition.

Ce passage est souvent lu comme un dogme. Il est plus juste de le lire comme une posture.

Le monde n’est pas né autour d’un Dieu qui affirme sa puissance, mais autour d’un Dieu qui renonce à l’exercer. C’est un détail que l’histoire a parfois oublié, mais que le texte n’appuie jamais par erreur. Le centre du récit chrétien n’est pas la toute-puissance, c’est le retrait volontaire. Le cœur n’est pas la domination, c’est l’abandon de la domination.

Le kenosis n’est pas une humiliation imposée. C’est un choix. Et c’est là que tout change.

Dans l’imaginaire religieux classique, Dieu descend pour sauver. Dans une lecture plus fine, Dieu se retire pour laisser place. Il ne s’impose pas au monde. Il accepte d’y être vulnérable. Il accepte d’y être dépendant. Il accepte même d’y être rejeté.

Ce mouvement est radicalement contre-intuitif pour l’humain. Tout en nous cherche à remplir, à occuper, à prouver, à exister par accumulation. De savoir. De pouvoir. De reconnaissance. De contrôle. Le kenosis prend le chemin inverse. Il dit que la plénitude passe par le vide consenti, non par le plein conquis.

Il ne s’agit pas de se nier. Le Christ ne devient pas moins que ce qu’il est. Il cesse simplement d’en faire un privilège. Il n’utilise pas sa nature comme un avantage. Il ne se sert pas de sa hauteur pour écraser la relation. Il descend au niveau du lien.

C’est une théologie profondément relationnelle. Dieu ne sauve pas en dominant. Il sauve en se rendant accessible. Il n’écrase pas la liberté humaine. Il la rend possible.

Vu sous cet angle, le kenosis n’est pas un concept mystique abstrait. C’est une éthique incarnée.

Dans la relation amoureuse, le kenosis apparaît quand l’un des deux cesse de vouloir avoir raison pour préserver le lien. Pas par soumission, mais par discernement. Dans la parentalité, il apparaît quand le parent renonce à façonner l’enfant à son image pour l’accompagner vers la sienne. Dans le pouvoir, il apparaît quand l’autorité accepte de se limiter pour ne pas détruire ceux qu’elle encadre.

Le christianisme primitif ne demandait pas d’être fort. Il demandait d’être capable de se dessaisir.

Cela a été largement trahi par l’histoire. L’Église s’est souvent construite sur l’inverse exact du kenosis. Accumulation de pouvoir. Verticalité. Certitudes. Contrôle des corps et des consciences. Comme si l’institution avait eu peur du vide que le Christ avait accepté.

Et pourtant, le texte est là. Inchangé.

Le kenosis n’est jamais présenté comme une obligation morale universelle. Il n’est pas dit à chacun de se vider. Il est montré comme un chemin possible quand on n’a plus besoin de se protéger.

C’est une nuance essentielle. Le kenosis n’est pas fait pour les personnes écrasées. Il n’est pas un appel à l’effacement des vulnérables. Il est un appel adressé à ceux qui ont du pouvoir. Symbolique. Affectif. Social. Spirituel. C’est un appel à ne pas en user pour se sécuriser au détriment du lien.

Dans cette perspective, le Christ n’est pas un modèle de souffrance, mais un modèle de maturité. Il n’accepte pas la croix parce qu’il aime la douleur. Il l’accepte parce qu’il refuse de se défendre au prix de la violence. Il choisit de ne pas répondre sur le même registre que ce qui lui est infligé.

Le kenosis est donc une forme de non escalade radicale.

Il dit qu’il existe une force qui ne passe ni par l’affirmation ni par la résistance, mais par la désactivation du jeu de pouvoir lui-même. Une force qui transforme le rapport, pas par contrainte, mais par exposition.

Vivre le kenosis aujourd’hui, ce n’est pas se sacrifier. C’est renoncer à remplir chaque espace de soi. C’est accepter de ne pas être central. C’est tolérer de ne pas être reconnu immédiatement. C’est laisser une place à l’autre qui ne soit pas colonisée par son propre besoin.

C’est aussi, paradoxalement, une immense liberté. Quand on n’a plus besoin d’occuper, on peut enfin rencontrer.

Le christianisme, à sa racine, ne propose pas une croyance à adopter, mais un mouvement intérieur à risquer. Descendre sans se perdre. Se vider sans se nier. Aimer sans posséder.

Et peut-être est-ce là que le message chrétien reste le plus vivant. Non dans ce qu’il affirme sur Dieu, mais dans ce qu’il ose faire de la puissance. La poser. La rendre inoffensive. Et faire confiance au vide pour devenir fécond.

 
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from DrFox

La liberté sexuelle est souvent présentée comme un progrès évident. Un gain net. Plus de choix. Plus d’autonomie. Moins de contraintes sociales ou morales. Elle est associée à l’émancipation, à la modernité, à l’égalité. Et pourtant, derrière ce mot séduisant, il existe des coûts réels. Des coûts différents pour les femmes et pour les hommes. Pas toujours visibles. Rarement nommés. Souvent payés en silence.

La liberté sexuelle ouvre des possibles. Elle permet de sortir de modèles imposés. Elle autorise l’exploration du désir, du corps, de l’identité. Elle offre à certains un soulagement réel, surtout après des environnements rigides ou culpabilisants. Mais toute liberté a un prix. Et ce prix n’est pas réparti équitablement. Ni entre les sexes, ni entre les individus.

Pour beaucoup de femmes, la liberté sexuelle s’accompagne d’une charge invisible. Le regard social reste présent. Même quand il se prétend ouvert. Une femme libre sexuellement est encore jugée. Tantôt admirée. Tantôt dévalorisée. Souvent les deux en même temps. Elle doit gérer la contradiction permanente entre désir d’autonomie et risque d’être réduite à un objet. Elle navigue entre affirmation de soi et peur d’être utilisée. Même dans des cadres consentis, elle porte plus fréquemment le poids émotionnel du lien. Le coût n’est pas seulement moral. Il est aussi psychique.

La contraception, la charge mentale autour du risque de grossesse, la gestion des conséquences affectives reposent majoritairement sur elle. Même quand la relation se veut légère. Même quand rien n’était promis. Le corps féminin reste plus exposé. Biologiquement. Symboliquement. Socialement. La liberté sexuelle demande alors une solidité intérieure que peu ont réellement eu le temps de construire.

Pour les hommes, le coût est d’une autre nature. La liberté sexuelle flatte souvent l’ego au départ. Elle est associée à la performance, à la validation, à la réussite. Mais elle peut aussi produire un appauvrissement du lien. Une difficulté croissante à s’attacher. À rester. À traverser la frustration. À supporter l’attente et la profondeur.

Certains hommes ou femmes découvrent tardivement qu’ils ont confondu désir et reconnaissance. Qu’ils ont utilisé la sexualité comme preuve de valeur personnelle. Et que cette logique laisse un vide durable.

La multiplication des partenaires peut anesthésier certaines émotions. Elle peut aussi renforcer l’évitement affectif. Ne pas s’attacher devient une compétence valorisée. Ne rien attendre est présenté comme une force. En réalité, beaucoup payent cette posture par une solitude relationnelle. Une difficulté à construire une intimité stable. Une incapacité à s’exposer réellement.

La liberté sexuelle a également un coût relationnel collectif. Elle transforme le marché du lien. Le choix permanent crée une illusion d’abondance. L’autre devient remplaçable. Le moindre inconfort peut justifier un retrait. La relation devient conditionnelle. Performante. Optimisée. Cela génère une insécurité diffuse. Chacun sait qu’il peut être quitté facilement. Cela pousse à se protéger. À jouer un rôle. À masquer ses fragilités.

Ce climat affecte différemment femmes et hommes, mais il abîme les deux. Les femmes peuvent se sentir utilisées puis abandonnées. Les hommes peuvent se sentir désirés puis inutiles. Chacun tente de se défendre à sa manière. L’un en se détachant. L’autre en contrôlant. La liberté sexuelle devient alors un terrain de projection des peurs plutôt qu’un espace de rencontre.

Il y a aussi un coût identitaire. Être libre sexuellement suppose de savoir ce que l’on veut. De poser des limites claires. De dire oui et non sans se trahir. Or beaucoup entrent dans cette liberté sans outils. Sans connaissance d’eux mêmes. Ils suivent un mouvement social plus qu’un désir profond. Et découvrent après coup qu’ils ont payé trop cher quelque chose qu’ils n’avaient pas vraiment choisi.

La vraie question n’est pas faut il être libre sexuellement. La vraie question est à quel prix. Et pour quoi. La liberté n’est pas un état. C’est une responsabilité. Elle demande de regarder ce qu’elle produit en soi et chez l’autre. Elle exige une capacité à se connaître. À assumer ses besoins. À reconnaître ses vulnérabilités. Sans cela, elle devient coûteuse. Elle demande de reconnaître que tout n’est pas symétrique. Que tout le monde ne part pas avec les mêmes protections.

La liberté sexuelle peut être un espace d’honnêteté et de respect. Elle peut aussi devenir un lieu de dégâts silencieux. Ce n’est pas la liberté qui pose problème. C’est l’illusion qu’elle serait gratuite.

 
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